Dimanche 26 avril 2020,
En ce jour, 6ième dimanche d’une période de confinement, nous qui sommes obligés à rester chez nous, à respecter des distances sociales inédites lors de nos sorties, prenons le temps de découvrir l’au-delà du silence, pour écouter pleinement les manifestations de notre corps, les sons de notre environnement, les murmures du souffle…
Osons avancer vers les profondeurs du silence et de la connexion avec ce qui est présent dans l’ici et le maintenant ! Comme le demande Jésus à Simon-Pierre quand il lui dit « Avance vers la profondeur » Luc 5 , 4.
Prenons le temps d’une méditation silencieuse assis dans l’immobilité en laissant passer pensées et préoccupations pour se focaliser sur la respiration, sur un mot/une phrase prière comme « Maranatha » Viens Seigneur
Mais aussi expérimentons l’autre facette du silence, que souligne Maurice Zundel dans le texte qui suit extrait du livre « Je ne crois pas en Dieu, je le vis » -Ed. Le Passeur-2017.
Ce don du silence qui est espace pour la rencontre de l’autre avec Dieu à travers soi. Don de la transparence, lumière éternelle qui traverse le vitrail du cœur, qui nous habite quelques fois dans ces moments d’écoute où la connexion à l’autre se fait de cœur à cœur sans mots de notre part, dans les gestes et le regard. Une fois goûté ce lien de communion entre soi et l’autre, ce lien n’est pas oublié…
Offrons-le à notre prochain : proche, voisin-e, collègue, ..
« Celui qui se nourrit de silence finit par savoir à quelles profondeurs on peut écouter »
Il y a une chose qui est nécessaire, qui est efficace, que nous seuls pouvons accomplir, c’est ce don silencieux de nous-mêmes, de cet effacement qui laisse transparaître Dieu. C’est ce silence où l’on écoute à la fois l’homme et Dieu, ce silence qui devient un espace, où l’on perçoit le mystère des autres, toutes leurs possibilités, toute leur grandeur virtuelle, tout ce qu’ils sont appelés à devenir et où l’on peut, sans rien dire, sans rien imposer, sans rien leur conseiller, où l’on peut secrètement laisser monter en eux la Présence qui les attend au plus intime d’eux-mêmes et dont ils ont à devenir, comme nous-mêmes, les vivants sacrements.
Il est rarement utile de parler de ce Dieu caché en nous. Il faut le vivre car Il est une présence qui n’est efficacement connaissable qu’en vertu d’une libre adhésion (…)
Il n’y a qu’une seule manière d’élever les hommes, c’est d’employer les méthodes de Dieu : des méthodes de silence.

Chapaize, Bougogne, Août 2016